J6 – Banquise à Qaanaaq

J6 – Banquise à Qaanaaq

Bienvenue à Qaanaaq ! Depuis notre départ d’Ilulissat, nous avons perdu au moins cinq degrés. Le village est battu par des vents chargés d’humidité, qui ne sont pas sans nous rappeler la météo d’hiver de nos latitudes. L’averse occasionnelle vient remplir des flaques de boue sur les rues de graviers, qui ne peuvent s’infiltrer dans le sol gelé en profondeur. Cette fois, nous sommes vraiment en arctique!

Par la fenêtre de notre location, nous observons les mouvements de la banquise qui se fracture. Elle monte et descend au grès des vents et des marées, oscille de droite à gauche, flotte quelques centaines de mètres au large puis revient se coller au rivage.

Tous cela ne semble pas inquiéter les villageois qui y laissent encore traîneaux et chiens dériver au gré des courants. Pour accéder à la banquise, il faut avant tout traverser une bande de glace brisée, sautant de bloc en bloc avec une grande perche, mais il nous est formellement déconseillé de s’y essayer.

Qaanaaq comporte une école, un gymnase, un hôpital, une église et, unique commerce, son supermarché. La maison que nous louons, comme toutes les autres au village, est construite avec des matériaux importés. Même le bois flotté de Sibérie, qui s’échoue sur la côte est du Groenland, n’arrive pas jusqu’ici.

Nous avons l’électricité, internet (très limité), et l’eau courante. Les toilettes sont à déposer devant la maison pour le ramassage trois fois par semaine. Nous faisons quelques courses au supermarché, rechargeons les batteries, testons les radios et le téléphone satellite. Nous retournons à l’aéroport pour s’assurer que tout le matériel est bien arrivé.

En discutant avec le personnel de la tour de contrôle, nous apprenons par ailleurs la véritable raison de notre retard. La base militaire américaine de Thule, qui sert aussi d’aéroport d’urgence à une centaine de kilomètres au sud du village, était fermée le jour de notre vol. L’avion qui devait nous transporter a dû emmener assez de fuel pour un éventuel retour vers Ilulissat en cas de mauvais temps.

Cette première journée à Qaanaaq fût bien remplie pour tout le monde ! Au lieu d’une semaine, nous n’avons que quatre jours pour nous organiser avant de partir au glacier, mais heureusement cela ne devrait pas poser de problème. L’expérience des années précédentes nous a préparés à ce genre de retard. Sur le fjord les lumières diminuent, les rayons du soleil se font plus rasants, mais il fait encore jour.