J3 – Icebergs à Ilulissat

J3 – Icebergs à Ilulissat

Bonjour, j’espère que la nuit a été bonne ! Nous voici donc à Ilulissat, petite ville de 4500 habitants, la troisième du Groenland, dont la population totale est de 56000. Nous sommes à l’hôtel, confortablement logés et nourris par Air Greenland dont nous commençons à comprendre le prix des billets. Plusieurs des clients sont de riches retraités américains, dont nous ne partageons pas vraiment le style vestimentaire. On profite du soleil pour descendre au village. Il ne fait pas tout à fait chaud pour une fin juin, mais l’air de la mer est agréable. En fin de matinée nous recevons un appel de Qaanaaq, nos collègues sont dans le brouillard et il fait cinq degrés. Une autre mauvaise nouvelle: la moitié du matériel, contrairement à ce que l’on nous avait annoncé, est manquante.

La balade de l’après-midi est décidée, nous allons à l’aéroport pour essayer d’avoir des nouvelles de nos caisses. Nous suivons pendant trois kilomètres l’unique route qui sort du village. On en profite pour observer les icebergs dispersés dans la baie.

De temps en temps, un morceau de glace tombe à l’eau. Parfois un iceberg tourne sur lui-même, créant un petite vague qui fait osciller les autres. À l’aéroport, un membre du personnel nous emmène au hangar. Toutes les caisses manquantes sont là, nous voilà rassurés. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il y ait assez de place pour les transporter en soute sur notre vol.

Nous rentrons à l’hôtel pour l’apéro. Au menu, buffet froid de renne, bœuf musqué et flétan du Groenland. Cette escale imprévue est aussi l’occasion de faire connaissance avec nos nouveaux collègues, glaciologues japonais pour certains à leur deuxième visite et volcanologues italiens qui travaillent pour la première fois sur un glacier.

On en profite pour aborder les sujets délicats. Le fusil des Japonais qui doit nous servir de défense contre les ours est en fait une antiquité pour laquelle on risque fort de ne pas trouver de cartouches. Envoyé séparément avec une étiquette “équipement glaciologique”, il n’arrivera à ma connaissance jamais au Groenland. Je réalise assez vite que je ne suis pas le seul que cette situation inquiète. Je monte sur une colline pour observer le soleil de minuit. De nuit, le spectacle est encore plus impressionnant.