J18 – Journée de repos

J18 – Journée de repos

Aujourd’hui c’est journée de repos. Depuis que nous sommes au glacier de Bowdoin, une semaine s’est écoulée. Nous sommes déjà à la moitié de la campagne de terrain. En dehors de quelques tâches impératives, beaucoup d’entre nous restent au campement.

On en profite pour jeter un œil aux données. Cela permet de vérifier que les instruments fonctionnent ou encore de décider lesquels nous laisserons sur le glacier jusqu’à l’été prochain. Un brouillard s’est levé sur le glacier, il fait meilleur ici que sur la glace.

En fin d’après-midi, je descend sur la terrasse intermédiaire sous le campement. Dans un vacarme continu, la rivière continue de creuser son lit dans la roche et la glace. C’est là que se trouvait encore il y a peu le lac barré par les glaces.

J’ai repéré une petite mare où je pourrai faire ma lessive. La terrasse est faite de gros galets, mais on y trouve aussi des des sables et des limons, sédiments déposés par des eaux plus calmes.

On peut y faire de la géomorphologie en miniature : lignes de côtes, dunes ou encore un petit delta où les sédiments ont été naturellement classés par taille.

De temps en temps un morceau du glacier tombe dans la rivière, ou alors les pentes s’éboulent. Par dessus le grondement du torrent, on entend alors les galets ricocher les uns sur les autres.

Autour du campement la végétation est limitée. Les rares arbustes restent plaqués au sol, n’atteignent en général pas plus d’une dizaine de centimètres. Les fleurs de l’arctique en revanche, telles que les épilobes et le pavot du Groenland, que l’on trouve aussi au Mont Ventoux, tirent profit du court été boréal, et profitent du soleil jusqu’à vingt-quatre heures par jour.