J17 – Colline du campement

J17 – Colline du campement

Aujourd’hui, nous n’irons pas sur le glacier. J’abandonne mon collègue aux sismomètres. Il a trouvé quelqu’un d’autre pour l’aider. Au lieu de ça, je vous emmène à nouveau sur les hauteurs, mais cette fois tout près du campement, sur la colline qui le surplombe. Ici, un nouveau point de vue s’offre sur le glacier. Il coule de droite à gauche, occupe plus de la moitié du panorama qui s’offre à nous, se crevasse en approchant le fjord.

Après une bonne heure de marche, nous atteignons le sommet plat de la colline. Si je viens ici, c’est avant tout pour récolter des échantillons de roches, transportées ou érodées par le glacier, afin de faire des datations. Mais je vous expliquerai cela plus en détail un autre jour. Profitons avant-tout de la vue.

De l’autre côté de la colline, au nord-est, on aperçoit un grand marais. Il semble être barré par une ancienne moraine. Dans la pente nord, j’installe un appareil photo, le programme pour une autonomie de cinquante heures. Je repasserai le chercher dans deux jours. Loin de toute motivation scientifique, j’aimerais simplement capturer la courbe du soleil de minuit au dessus de l’horizon.

À l’est, c’est le glacier du Miroir, source de la rivière qui passe près du campement, et à sa gauche, le Pain de sucre, ainsi nommés par l’explorateur américain Robert Peary en 1892.

Au nord, on suit du regard sur près de quinze kilomètres la moraine médiane à la surface ondulante du glacier. Au loin, on aperçoit plusieurs nunataks, îlots rocheux qui affleurent à la surface du glacier. Des champs de crevasses laissent deviner la présence d’autres reliefs cachés sous la glace. Plus loin encore, c’est l’inlandsis, plateau de glace qui recouvre tout le paysage, encore en partie sous la neige.

J’essaie de repérer aux jumelles les installations sur le glacier, petits points noirs ou orange quelque part entre les crevasses, ou encore mes compatriotes que j’entends discuter par radio. Mais alors que j’ai pris l’habitude de m’orienter sans difficulté à la surface du glacier, je suis de nouveau incapable de repérer les lieux d’en haut.

En contrebas, le soleil rasant fait ressortir la morphologie de la terrasse sur laquelle nous avons monté nos tentes, barrée par les moraines du petit âge glaciaire. Le soleil est déjà bas, il est temps de redescendre. Malheureusement pour ma petite vidéo, la nuit s’annonce nuageuse.